
Un point d’étape…
Fin 2024, la direction a présenté au comité européen un plan de réduction des effectifs en France. La direction France a annoncé qu’il se limiterait aux départs naturels. Elle a finalement mis en place un plan de réorganisation incluant des suppressions de postes, et donc impliquant potentiellement des départs contraints.Pour la CFDT, la direction se contente d’accompagner la décroissance, au lieu d’affronter le vrai problème. Et cela ne va faire qu’empirer…
En premier lieu, c’est un non-sens de vouloir diminuer les forces d’avant-vente et espérer une croissance du CA en 2026 de 9% (revu à 6%).
Ensuite, réduire les effectifs en France des services RH, financiers, marketing, communication et juridique, pour ne citer qu’eux, accroît les risques. Ces risques sont d’ailleurs totalement ignorés par les différentes directions (RH, marketing et communication, juridique, finance…) invitées aux CSE.
Un projet bancal
Pour mettre en place ce PSE, la direction s’est fait accompagner par le cabinet Alixio. Sa mise en application s’est faite au travers d’un accord de méthode, signé par 2 autres syndicats. La CFDT l’a jugé irréaliste en termes de calendrier. La confirmation est venue avec le constat qu’il n’a pas été tenu et que la direction a été contrainte de négocier un avenant. La CFDT n’a pas signé l’accord ni l’avenant, considérant qu’ils sont uniquement orientés à l’avantage de la direction.
Trois projets d’accords PSE sont actuellement en négociation : pour l’UES Atos, l’UES Eviden et Eviden International France. Ils fixeront le nombre de suppressions de postes, les conditions des départs volontaires, des reclassements et des licenciements. Mais la direction des affaires sociales est dépassée par ce projet. La direction reste incapable de clarifier les catégories professionnelles, pourtant essentielles et à la base de la négociation.
Les trois négociations se déroulant en parallèle engendrent des divergences à chaque tour des trois périmètres, nécessitant un recadrage constant. La direction a réussi à présenter en réunion un document différent de celui partagé avec les négociateurs, créant incompréhension et perte de temps. La direction ne maîtrise même pas le système de suivi de version entre deux documents inclus dans Word. La CFDT a proposé une formation.
Enfin, elle repousse sans cesse de nombreuses réponses, perdant ainsi encore du temps…
Conséquences de ce projet
Pour la CFDT, ce projet de licenciements est inutile et va au contraire dégrader la situation du groupe. Il s’agit d’une gesticulation trompeuse qui voudrait laisser croire qu’une amélioration est à venir : les coûts interviennent dès 2025.
En 2026, si la marge opérationnelle augmente, les coûts de restructuration (imputés après la marge opérationnelle) seront plus élevés que les gains. Et, d’après les experts mandatés par les CSE, le solde ne redeviendra positif qu’en 2028 au mieux.
Objectifs recherchés
Selon la CFDT, ce plan n’a que trois raisons inavouables, évidemment cachées par la direction. Dans les trois cas, il s’agit de communication.
En externe, le message est adressé aux marchés. On note d’ailleurs que la direction s’est fendue d’un communiqué de presse dès qu’il lui a été possible. L’attendu est basique : en supprimant des emplois, la direction espère satisfaire les marchés et les investisseurs, supposément friands de réduction des coûts.
En interne, la direction espère, notamment par ses deux mails du 9 septembre 2025, effrayer les salariés et les inciter à se tourner vers l’extérieur. Cette incitation va de pair avec les autres actions destinées à pousser les salariés vers la sortie.
En interne encore, la direction espère satisfaire le groupe. En réalité, elle cache la poussière sous le tapis.
La CFDT demande qu’aucun licenciement n’ait lieu, ce qui suppose que les salariés soient vraiment volontaires (et pas volontaires avant contrainte ou volontaires sous pression) ou reclassés.
