CSE Groupe Atos
Que S’est-il Vraiment Dit

CSE Eviden 16 & 17 juillet 2025

Position des élus CFDT du CSE Eviden

Les élus du CSE de l’UES Eviden ont été informés par la direction du groupe Atos et consultés sur le projet Cartier (cession d’Advanced Computing à l’Agence des Participations de l’Etat qui a été confirmée le 1er août par la signature du SPA ou Contrat d’Achat d’Actions) et sur le projet de réorganisation du groupe désormais en cours de déploiement. Beaucoup de questions sur ces opérations restent en suspens car tout est loin d’être clair ou finalisé. Ainsi, quels seront les impacts sur les salariés et leurs conditions de travail ? Dans quelle mesure la France sera touchée par les réductions d’effectifs annoncées ? Comment se concrétisera sur leur quotidien la diminution des coûts de fonctionnement voulus par la direction ?  Quel sera à terme le site de rattachement des salariés « Cartier » et « Hors Cartier » qui sont très minoritaires sur leur site ? Ces questions parmi beaucoup d’autres seront au centre des attentions des élus CFDT au cours des prochains mois.

La réunion en détail

Restitution expertise évolution BL/BU

Le CSE était consulté sur le projet de réorganisation des Business Lines & Business Units. Ce projet s’inscrit dans le cadre du nouveau plan stratégique du groupe dont l’objectif est de restaurer la profitabilité du groupe et la confiance des organismes financiers. 

L’information transmise au CSE et à son expert a été on peut le regretter assez incomplète.

Pour la nouvelle direction, l’objectif est donc d’améliorer la marge opérationnelle, même sans croissance du chiffre d’affaires. L’accent sera mis sur la compression de la structure de coûts et l’optimisation du delivery des projets. Selon l’expert, la stabilité du chiffre d’affaires et la diminution des coûts devrait permettre d’atteindre les objectifs, mais en exerçant une pression accentuée sur les salariés pour y arriver.

La réorganisation se traduit par la reconstitution d’un One Atos orienté services et le repositionnement de l’entité Eviden autour des seules lignes de produits.

Les BL portent l’offre mondiale du groupe (avec le support du niveau global) et les BU portent les offres locales et reportent au pays uniquement. Pour la France les BU sont TS, DTC et  « Opérations & Technologies » dont le rôle sera d’être en soutien de l’avant-vente, des BL et des RH.

Concrètement, ce qui est en cours ou à venir :

  • séparation de Digital en 3 entités : Digital App., Smart Platforms et la BU Consulting. Pour cette dernière tout est à construire. Elle doit être opérationnelle pour 01/2026.
  • fusion de Cloud dans HCI (Hybrid Cloud Infra) pour donner C&I (Cloud & Infra)
  • création de Data & AI : encore au stade de projet. En France, les salariés OneData constitueront le noyau de cette nouvelle BL.
  • Pas de changement pour TS et Digital Workplace
  • Cyber Services : détourée de BDS fin 2024, la BL Cyber Services a entamé son plan de transformation en parallèle du déploiement de la nouvelle organisation des BL/BU
  • La vente d’Advanced computing pourrait entrainer une révision de l’organisation globale de la Branche Produits pour des raisons de taille critique, mais celle-ci n’a toujours pas été présentée.

Restitution expertise politique sociale

L’expert du CSE a rendu ses conclusions sur la politique sociale 2024 d’Eviden.

Emploi : évolution des effectifs 

Baisse continue des effectifs en raison des cessions et des départs de salariés. Diminution de 3% entre 2023 et 2024. Seul l’entité BDS a connu une augmentation (3%), elle a embauché massivement en 2024. Le volume important de sorties concerne surtout les « jeunes » consultants et développeurs. Certains responsables et experts démissionnent aussi à des âges plus avancés.

Nombreuses mobilités internes en 2024 et notamment vers des métiers stratégiques. La Direction a annoncé que les travaux sur la GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels) commenceraient prochainement.

Politique salariale

Politique de rémunération d’Eviden particulièrement individualisée (conforme au mode de fonctionnement des ESN), avec des montants de variables élevés pour les niveaux supérieurs. Les rémunérations sont hétérogènes pour un même niveau de GCM et même rayon géographique. Cela peut aller du simple au double. Si les augmentations en 2023 touchaient plutôt les bas salaires, 2024 fut une année plus chaotique en termes de sélectivité. Seuls 40% des salariés ont été augmentés en 2024. L’expert note que ces deux années ont été marquées par une perte de pouvoir d’achat :

  • 2023 : Taux moyen d’augmentation : 2,9% vs inflation annuelle de 4,9%
  • 2024 : Taux moyen d’augmentation : 1,4% vs inflation annuelle de 2%.

Abstraction faite des rattrapages réalisés dans le cadre de la politique d’égalité hommes/femmes, les écarts moyens d’augmentation de salaire entre les hommes et les femmes sont régulièrement en défaveur de ces dernières, et pour tous les niveaux GCM ou presque. Également, lors des passages de GCM, les femmes ont tendance à être moins augmentées.

Rapport d’analyse des enjeux RSE pour le groupe Atos

L’expert-comptable du CSE a présenté à l’instance son rapport sur les enjeux RSE pour Eviden et le groupe Atos. Le document met en lumière des lacunes significatives dans la stratégie environnementale du groupe Atos, notamment dans la documentation, la collecte de données, et l’engagement de la gouvernance, ce qui pourrait freiner sa capacité à atteindre ses objectifs climatiques.

Malgré ces fragilités dans la démarche globale, l’expert du CSE note les bonnes volontés d’Atos et quelques avancées significatives (rapport de durabilité, certification ISO14001, feuille de route SBTi, électrification de la flotte notamment).

L’objectif d’Atos de réduction de 50% des émissions de GES (gaz à effet de serre) entre 2019 et 2024 est clairement défini, mais la stratégie reste insuffisamment documentée. Difficile alors de pouvoir affirmer que l’objectif sera atteint.

Résultats des comptes du groupe Atos

L’expert-comptable du CSE s’est aussi exprimé sur la situation économique et financière.

Résultats économiques

Le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 10,4 % en 2024 (après -5,1 % en 2023), en partie à cause de cessions réalisées en 2023 et d’une baisse organique de l’activité, plus forte pour Eviden que pour Tech Foundation. On observe une diminution des charges opérationnelles qui ne compensent pas la baisse du CA. Le résultat opérationnel a enregistré une perte d’environ 3 milliards d’euros.

Situation financière

La situation financière post-restructuration reste fragile, malgré des améliorations apparentes dans les grands équilibres financiers. La trésorerie a diminué de 2,3 milliards à 1,7 milliard d’euros en 2023, avec une génération de free cash flows de -2,2 milliards. La restructuration a entraîné un coût élevé de la dette, qui devra être renégocié avant les échéances de 2029.

La restructuration a permis d’améliorer certains indicateurs financiers, mais la fragilité de la situation économique du groupe, ainsi que la nécessité d’une relance rapide de l’activité, soulèvent des préoccupations quant à la viabilité future.

Information consultation projet Euphor

Le projet Euphor désigne le projet de construction d’une nouvelle usine sur le site d’Angers. Le CSE a voté le recours à un cabinet d’expertise afin de l’assister dans l’étude des impacts induits par ce projet sur les conditions de travail des salariés. Seule la phase I de la construction est concernée, à savoir celle liée au bâtiment de production qui entrera en service en fin d’année 2025. Le rapport de l’expert est attendu fin septembre et l’avis du CSE en octobre. Une information consultation du CSE est également prévue pour la phase II du projet (bâtiments logistique et tertiaire) à l’horizon 2027. 

Point de situation de l’inter-mission

Le CSE n’a eu qu’une photo partielle de la situation des intermissions, la BL Cyberservices et BDS ayant été « oubliés » lors de la présentation faite aux élus. Sur le périmètre formé par les entités Cloud, Digital et OneData on décomptait 153 personnes en inter mission au 02 juillet et 176 à date.

Un travail important a été mené pour réduire l’intermission sur OneData.

En mai un plan d’actions a permis de remplacer une centaine de sous-traitants.

Les élus ont demandé un certain nombre d’informations complémentaires : prendre en compte Cyberservices et BDS, présenter les mesures d’accompagnement des salariés en intermission comme le nombre de formations dispensées, un focus sur les personnes en situation d’intermission depuis plus de 6 mois, faire apparaître le nombre de sous-traitants embauchés, … 

L’établissement des ordres de mission est de la responsabilité des managers, qu’il y ait des déplacements ou pas.

La direction a exprimé sa volonté de réaliser du « turn over » avec les salariés en mission chez les clients. Un questionnaire sur la mobilité des salariés a été soumis aux salariés en intermission. La direction précise que le but n’est pas de mettre de la pression sur les salariés mais de connaître leurs souhaits de mobilité et d’ainsi gagner du temps lors du positionnement des salariés sur une mission.

Retour en haut